#Guest97 - Anne Ghesquière, Fondatrice du magazine FemininBio

Proposer un mode de vie sain, joyeux, non culpabilisant, positif et enthousiaste est mon crédo.
— Anne Ghesquière

1 – La connexion à la nature et le lien avec nos éléments et aliments, cette notion d’interdépendance est évidente pour toi. Comment pourrais-tu l’expliquer en quelques mots à toutes celles et ceux qui n’en ont pas encore conscience?

Notre corps est un écosystème. Tout ce qui est dans l’univers est en nous. Quand nous polluons la planète c’est notre intérieur que nous polluons physiquement et spirituellement. Prendre soin du temple sacré de nos corps c’est en même temps arrêter de prendre la planète pour une poubelle.

2 – Tu fais partie aussi des 23 #WonderSportWomen (Éditions Fauves) prouvant qu’être entrepreneure au féminin, maman de 3 enfants et aussi une vraie sportive c’est possible ! Quels sont tes conseils pratiques pour toutes ces femmes pro actives comme toi ?

J’ai toujours du mal à donner des conseils car nos vies sont bien différentes les unes des autres tout comme nos étapes de vie ou encore notre histoire familiale. En tout cas, ce que je peux partager c’est que j’ai fumé pendant 15 ans et que je suis devenue marathonienne ! Comme quoi, c’est possible !

Quelles sont nos envies profondes dans cette vie ? Ai-je envie d’expérimenter la maladie ? La joie ? De me sentir vivante ou morte ? Voici des questions essentielles que je me suis posée. Le sport et la connexion à la nature me révèlent à moi-même. Pour moi, courir c’est exprimer ma rébellion. Le sport est ma (une de mes) résilience(s). Courir, nager, me dépasser me plonge dans une transe qui me met en union avec les éléments. Je suis l’eau, l’aigle, l’arbre, la vie. Il n’y a plus de séparation, c’est l’unité.

L’alimentation saine a aussi une grande importance pour moi. Nous mangeons globalement trop et sommes devenus addicts à la nourriture. Je m’intéresse beaucoup au jeûne pour me libérer de mes dépendances physiques et émotionnelles. Le jeûne est une belle élévation spirituelle…

3 - Les méthodes de guérison de l’Ayurveda arrivent-elles selon toi de plus en plus dans les réflexes des français pour se soigner ?

Ah, l’Ayurveda ! (rires). Je me souviens de ma première cure dans un centre Ayurvédique en Inde, il y a 16 ans. Près de Bengalore. J’avais été fascinée par le diagnostic précis sur mes doschas et la longue enquête préliminaire du médecin ayurvédique. J’avais reçu de nombreux soins à base d’aliments par voie externe et je me souviens que mon corps avait faire une crise de détox avec une éruption de boutons ce qui, à l’époque, m’avait plus que surprise ! Je pense que nous avons, nous aussi en Europe et en Occident, une pharmacopée locale qui correspond à nos modes de vie, simplement nous l’avons mise aux oubliettes… Ce qui n’est pas le cas de l’Ayurvéda qui est une des plus vieilles médecines au monde, vieille de plus de 5000 ans. En tout cas, je suis une méga fan de la cuisine indienne, elle parle à mes cellules.

4 - Vois-tu une demande de plus en plus croissante concernant les cosmétiques « bio »?

Je suis ce marché depuis plus de 10 ans puisque j’ai co-écrit mon premier livre sur le sujet en 2005 avec Eve Demange. La cosmétique bio a énormément progressé depuis. Nous sommes passés de formules artisanales parfois amatrices à des formules de haut vol qui sont de véritables potions magiques ! Surtout, contrairement à la cosméto conventionnelle bourrée de chimie et de cochonneries en tout genre, la cosméto bio regorge d’ingrédients de premiers choix qui me font rêver : huiles végétales bio, huiles essentielles, hydrolats, fruits, beurres végétaux ; contre dérivés de la pétrochimie, silicones non biodégradables, parfums de synthèses, conservateurs agressifs et molécules chimiques aux effets secondaires douteux. Vu comme ça, vous choisissez quoi comme investissement d’avenir pour votre peau et votre corps ? ;-)

La demande croit très fortement car les consom’actrices ne sont plus dupes du faux « naturel » (terme non réglementé) et veulent du « vrai » naturel, pas du marketing dans un pot de crème. Revenons à l’essentiel.

5 – En 2007 quand tu as fondé le média FemininBio. Comment as-tu senti ce courant de « bien-être », de réflexes plus « responsables », d’une alimentation plus saine dans le quotidien des femmes ?

Je n’ai senti aucun courant autre que mon courant intérieur, je ne fonctionne que comme ça, c’est ma nature. Je suis branchée sur mes intuitions. J’avais beaucoup voyagé pendant 3 ans et ces voyages ont été des prises de conscience successives de l’état de dégradation de la planète (Inde, barrière de corail, etc.), puis j’ai attendu mon premier enfant et j’ai réfléchi à ce qui serait le meilleur pour cet enfant… J’ai lu des milliards de livres pour m’informer ! Cela m’a donné envie de partager toutes mes trouvailles au plus grand nombre en fondant FemininBio. J’étais révoltée par la soupe que de nombreux industriels, laboratoires, médias tentent de nous proposer. J’ai voulu récupérer ma puissance et me libérer d’une pensée dominante destructrice et inconsciente. Je suis sortie du cadre. C’est mon côté rebelle. Proposer un mode de vie sain, joyeux, non culpabilisant, positif et enthousiaste est mon crédo. Je ne crois pas qu’il soit indispensable de faire peur aux gens pour qu’ils basculent sur un autre mode de vie.

6 – Si tu devais résumer avec ta vision de femme active, de mère et de femme de média qui fait partie de ceux qui éveillent, quelle serait ta citation pour décrire notre changement de comportement face à notre XXIe et son plus grand défi avec le dérèglement climatique ?

J’ai beaucoup de citations fétiches en lien avec ces thématiques. Je pense à cette citation de l’Évangile de St Jean avec laquelle je chemine depuis 20 ans : « Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas il reste seul, s’il meurt, il porte du fruit en abondance ». Ce qui signifie pour moi, se défaire de l’ego pour pouvoir se mettre au service du vivant…

7 – Vos nouveautés chez FemininBio à l’approche du printemps ?

Ouii ! Nous allons fêter les 10 ans de FemininBio ce printemps avec une grande soirée et aussi une journée pour nos lectrices très green & rock ! Et nous préparons aussi une surprise d’ici la fin de l’année avec un événement très spécial. Je lance aussi en partenariat avec le groupe Léa Nature, très engagé dans la bio, une gamme Happy Détox by Karéléa qui sort en grandes surfaces mi-mars. Une grande première liée à mon livre Happy Détox ;-) Nous allons également lancer un nouveau magazine bientôt. Chut c’est un secret.