#Guest83 - Vincent BRASSART, Directeur Général La Tablée des Chefs France

Nous rencontrons beaucoup d’enthousiasme auprès de jeunes qui n’ont aucune culture culinaire. Ils sont curieux et très sensibles au discours que nous pouvons leur tenir au sujet du locavore, du bio, de la saisonnalité ou de la pêche durable par exemple.
— Vincent Brassart

1 - La Tablée des chefs est un projet culinaire solidaire fondé au Québec il y aune dizaine d'année pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Un concept novateur né de quels constats?

Le projet est né en 2011 du constat qu’il n’y avait aucune initiative pour gérer au mieux les surplus alimentaires sur les évènements traiteurs (je travaille dans le secteur évènementiel depuis 15 ans et j’ai une formation hôtelière). J’ai eu envie d’essayer de mettre quelque chose en place dans ce sens et en regardant vers l’international, j’ai eu connaissance des actions de La Tablée des Chefs au Québec qui se développe depuis 2002 sous l’impulsion de Jean-François Archambault.

Après une première rencontre, j’ai vite compris l’intérêt d’importer LTDC avec son programme de récupération alimentaire mais aussi ses programmes éducatifs au profit des jeunes en foyers et en collèges en zones sensibles!

Fondateur Jean-François Archambault

Fondateur Jean-François Archambault

2 -  Les deux missions principales de LTDC : nourrir les gens dans le besoin et éduquer la jeunesse à bien s'alimenter. Quelle est la recette pour réussir à répondre à ces deux enjeux majeurs?

La réussite vient de l’implication des chefs autour du projet. Nous ne faisons finalement que de leur donner un cadre pour exprimer leur générosité, leurs savoirs et leur faculté toute naturelle à transmettre. La Tablée des Chefs est le terrain d’expression idéal pour la valorisation de ce métier passion.

Atelier la Brigade Culinaire animé par le chef étoilé Gérard Cagna

Atelier la Brigade Culinaire animé par le chef étoilé Gérard Cagna

3 - Les plats cuisinés sont à destination de personnes dans le besoin. Comment recenser vous ces bénéficiaires?

Les surplus sont récupérés sur les évènements ou dans les hôtels par les associations que nous avons référencées et avec lesquelles des conventions ont été signées.

Le choix se fait en fonction des jours et horaires de distribution, du mode de distribution, de la situation géographique, des quantités et du type de surplus.

4 - Comment fonctionne votre business modèle?

Nous ne sommes qu’au début de l’aventure mais comme pour le Québec, nous allons développer des ateliers contributifs auprès des entreprises et des ateliers culinaires à saveur sociale dès que nous aurons nos propres locaux.

Nous allons refaire en 2017 notre Grande Tablée (nous étions 150 personnes en diner au Bristol au mois de mars) et organiser un évènement “Foodies” afin de lever des fonds.

Avec l’arrivée de 3 collaborateurs d’ici fin décembre, nous allons également développer nos partenariats.

5 - Nourrir une planète à la démographie exponentielle aux ressources limitées, un défi réalisable selon vous?

Indispensable et réalisable. Nous rencontrons beaucoup d’enthousiasme auprès de jeunes qui n’ont aucune culture culinaire. Ils sont curieux et très sensibles au discours que nous pouvons leur tenir au sujet du locavore, du bio, de la saisonnalité ou de la pêche durable par exemple. Nous allons intégrer les conseils d’une nutritionniste pour nos prochaines brigades culinaires et nous ferons la part belle aux protéines végétales. Le message d’un vrai chef parfois connu passe très bien auprès des jeunes qui l’assimilent et le propagent!

6 - Vos prochaines missions sur le territoire hexagonal?

Nous allons être présents cette année dans 3 collèges en Ile de France (Sarcelles, Saint Denis et Achères) et dans 5 foyers ( 3 dans les Yvelines, un à Meudon et un à Paris).

Nous démarrons un partenariat avec Fête le Mur (association de Yannick Noah) et serons présents une semaine pendant les vacances de Noël à Osny ( cuisine le matin et tennis l’après-midi).

Nous allons également travailler avec 7 établissements pour notre Semaine des Écoles Hôtelières (16 au Québec et 5 au Mexique). L’idée est que toutes ces écoles cuisinent la même semaine pour l’aide alimentaire ( environ 200 000 plats l’an dernier).

Pour la première fois, nous allons également être présents en province pour quelques évènements (finale nationale de Fête le Mur à Marseille, journée nationale contre le gaspillage alimentaire à Lyon)