(Suite 2/3) #Guest78 - Nicolas IMBERT, Directeur Exécutif de Green Cross

2 - Les députés viennent encore de faire reculer cette fameuse "Taxe Nutella" de peur de créer une crise diplomatique avec l'Indonésie et la Malaisie, les deux plus importants producteurs mondiaux d'huile de palme. Cette monoculture est synonyme de déforestation, d'incendies... Comment pouvons-nous agir dès à présent en tant que consommateur?

Nous sommes ce que nous mangeons. Ce sont nos habitudes de consommation, nos actes d'achat qui nous orientent vers tel ou tel produit.

Malheureusement, le succès économique de l'huile de palme est dû au fait que c'est l'une des huiles les moins chères au monde, en particulier pour les plats préparés, malgré ses qualités diététiques bien plus faibles que d'autres huiles, et les dommages écologiques citées...

On n'y pense pas assez, mais l'une des meilleures manières de réorienter la consommation est de remettre le pétrole, et donc le transport, à son juste prix. Si nous appliquions une écotaxe sur les autoroutes et les ports, l'huile de palme serait à un prix plus élevées que des huiles végétales produites localement, et ce problème serait limité.

Mais ceci nous incite à nous reposer la question de ce que contiennent les produits, derrière l'étiquette, et à être exigeants dans nos choix de consommation. Précisons tout d'abord qu'il existe de l'huile de palme durable: des associations comme TFT ont fait un impressionnant travail pour remettre éthique et environnement au cœur de la filière - et ce malgré les coups de boutoir comme l'abandon de la taxe Nutella.

Ensuite, de nombreuses enseignes se sont engagées, soit vers la sortie de l'huile de palme, soit vers des filières durables et certifiées. C'est un progrès. Faisons néanmoins attention que cette sortie ne se passe ni au profit de graisses animales, ni au profit de filières aussi peu vertueuses.

Outre l'urgence de la déforestation, qui est importante et avérée, la crise de l'huile de palme a également posé la question de la santé environnementale. Il est important désormais, dans des modes de vie qui se sédentarisent, de faire attention à la diversité de notre alimentation, à ne manger ni gros gras ni trop sucré, et à se tourner vers des aliments de saison, sains, et si possible locaux et bios. L'huile de palme consommée en Europe est loin de cet objectif.

L'une des meilleures manières de manger sainement est de retrouver le plaisir de préparer nos repas et de manger ce que l'on prépare. Ce n'est pas très long, on peut faire des préparation très diversifiée et très économique et la transparence est dans l'assiette tout autant que le goût.

Concernant les plats préparés, beaucoup d'enseignes ont fait le choix de la transparence, et c'est très bien. Mais il convient plus que jamais de rechercher les bonnes graisses, les labels durables, et de ne pas troquer l'huile de palme contre les graisses animales ou bien des cultures très intenses en eau. Difficile équilibre, mais où la transparence et la simplicité ont toujours raison.