#Guest59 - Pierre NOGUÉRAS, Réalisateur & Bénévole de l'Association LAURETTE FUGAIN

Les malades nous donnent une leçon de vie incroyable. Ils ont une force psychologique surhumaine et une envie de vivre hallucinante.
— Pierre Noguéras

1 - Réalisateur engagé depuis près de 5 ans auprès de l’association Laurette Fugain, d’où te vient cette sensibilité pour les personnes atteintes de leucémie ?

J'avais 8 ans quand ma petite voisine du même âge que moi est décédée d'une leucémie. Son combat a été très douloureux pour elle. Je me suis dit qu'un jour j'essaierai à ma manière d'aider ceux qui souffrent.

2 - Comment s’est passée ta rencontre avec Stéphanie Fugain ?

Je suis allé la voir parler de son combat lors d'une conférence. Son discours m'a tout de suite séduit. Elle parlait avec les mots d'une mère qui a perdu son enfant. Personne ne peut rester insensible...

3 - Donateur régulier et bénévole, tu vas régulièrement dans les hôpitaux côtoyer les malades, quelle est la problématique selon-toi pour sensibiliser le grand public à cette cause ?

Au-delà de réaliser chaque année une campagne de publicité pour sensibiliser les gens à donner, je passe beaucoup de temps dans les hôpitaux à la rencontre des malades et des médecins. Les malades nous donnent une leçon de vie incroyable. Ils ont une force psychologique surhumaine et une envie de vivre hallucinante. Les médecins me parlent de la maladie elle-même mais aussi des progrès de la recherche chaque année. En France, il y a une vraie problématique que l’on n’arrive pas à expliquer. En comparaison, il y a 200 000 personnes inscrites sur les listes de donneurs en France contre 3 millions en Allemagne. Notre travail consiste à faire changer ces chiffres en faisant comprendre notamment aux plus jeunes qu'ils ont ce pouvoir incroyable de sauver la vie des autres.

4 - Quelles sont les répercutions suite à chacune de vos campagnes ?

Elles ont été plus importantes chaque année. L'argent récolté la première année à servit à financer la suivante sans parler des partenaires qui nous suivent. Nous n'avons pas lésiné sur la visibilité ainsi que sur le message percutant que nous voulions montrer. Les retours sont très bons surtout de la part des malades qui se sentent un peu moins seul. Il ont le sentiment aujourd'hui qu'on les regarde un peu plus.

5 - « Regarde-moi » c’est la dernière campagne que tu viens de réaliser avec une diffusion à grande échelle (Cinéma, TV, supports JC Decaux, web), quel est ton message derrière ces images ?

Tous les jours des hommes et des enfants meurent car ils n'ont pas la chance de recevoir du sang, des plaquettes, du plasma ou de la moelle osseuse. Tous les malades sont isolés dans des bulles. Et là où ils sont, personne ne les entend crier...

6 - Vos futurs projets ensemble ?

Nous sommes d'ores et déjà en discussion pour la prochaine campagne qui sera réalisée au mois de septembre prochain pour une sortie en janvier 2017.

7 - Tu travailles depuis près de 10 ans sur ton premier long métrage retraçant l’histoire de ton père. Tu rentres en tournage le 9 janvier 2017, un film qui te tient plus qu’à cœur, c’est un hommage à ton père défunt ?

Oui c'est un film qui me tient particulièrement à cœur car il parle de la vie de mon père qui était juge d'instruction sur la cote d'azur dans les année 80 et qui est mort dans des circonstances non élucidées... Le tournage promet d'être assez fort en émotion et totalement passionnant…