#Guest57 - Vincent TOUBOUL-FLACHAIRE, Fondateur de GOODEED

70% de notre communauté a déclaré avoir réalisé son premier don de toute sa vie grâce Goodeed. En effet, 80% de notre audience a moins de 35 ans, Goodeed s’adresse aux jeunes et permet ainsi de rajeunir considérablement les donateurs du monde humanitaire.
— Vincent Touboul-Flachaire

1 - On estime que chaque année le budget alloué à la publicité représente 500 milliards de $. (Le marché mondial de publicité sur Internet : 104 milliards $ en 2012). L’ONU estime que pour réduire de 50% la faim dans le monde, 10% de cette somme suffirait. Avec Goodeed une partie des budgets publicitaires permettent de financer des ONG. Comment est perçue ta démarche disruptive par les marques ?

Les marques voient dans Goodeed le moyen de diffuser une campagne publicitaire comme sur un autre format comme la TV, sauf que cette fois-ci elles peuvent y ajouter une dimension humaine supplémentaire. Pour elles, diffuser une campagne via Goodeed leur permet d’utiliser leur budget pub pour financer des dons et de valoriser leur marque de la même façon.

2 - Entre le vaccin, l’arbre et le repas, quel est le don qui a le plus de succès ? Pourquoi à ton avis?

Le don qui a le plus de succès est assurément l’arbre ! Je pense que les internautes voient l'écologie comme la source des autres problématiques traitées (maladies et malnutrition). Mais la majorité de nos utilisateurs essaient d’égaliser le nombre de dons pour chacune des thématiques.

3 - Quel est ensuite ton travail avec l’ONG pour le suivi des actions sur le terrain ?

Nous avons des liens très forts avec nos ONG partenaires. Nous ciblons des projets précis et établissons un suivi de ceux-ci. Les ONG nous envoient régulièrement des contenus photos, vidéos ou témoignages en provenance du terrain, que nous publions ensuite sur nos réseaux sociaux pour tenir informé notre communauté. Notre objectif est d’aller sur place pour assister les équipes et donner un feedback précis des actions menées.

4 - Un « business angel » français vous a permis une levée de fonds de 500 000 $. Quelles sont les étapes du développement de Goodeed dans les 5 prochaines années ?

Notre mission est de permettre à n’importe qui d’effectuer un don. Nous voulons réunir une communauté de 100 millions de membres à travers le monde constitué de tous milieux sociaux qui financeront régulièrement des projets d’ONG présentés sur Goodeed.

5 - Peux-tu nous donner quelques chiffres depuis tes deux premières années d’activité ?

En un an Goodeed est passé d’une idée qui avait germé dans la tête d’un étudiant de terminale à une start-up avec une super équipe qui a levé 500,000€, qui a réuni plus de 70 000 utilisateurs dans 130 pays, collecté plus de 1,3 millions de dons pour ses ONG partenaires, élaboré des partenariats avec de grandes agences des Nations-Unies (Unicef, World Food Programme) et ONG (Vision du Monde, WeForest…), lancé  des campagnes publicitaires avec de grandes marques et agences média; Carrefour, Carat, Agence 79, Établissement Français du Sang, Happn, INPES, Brice…etc. Bref, beaucoup de choses ont été réalisées et beaucoup d'autres restent encore à faire !

6 - Dans les statistiques, quel est le pourcentage des donateurs qui ont fait leur premier don via une plateforme de don gratuit ?

Nous posons régulièrement des questions à nos membres et 70% de notre communauté a déclaré avoir réalisé son premier don de toute sa vie grâce Goodeed. En effet, 80% de notre audience a moins de 35 ans, Goodeed s’adresse aux jeunes et permet ainsi de rajeunir considérablement les donateurs du monde humanitaire.

7 - Aujourd’hui le marché des plateformes de don gratuit en France est assez discret pour le moment. Goodeed en est d’ailleurs l’un des principaux acteurs. Comment vois-tu le marché d’ici 2025 ?

Je pense que le don gratuit a un bel avenir car il est aujourd’hui le meilleur moyen d’impliquer financièrement les jeunes dans le monde humanitaire. De plus, il est une alternative aux ad blockers en rendant la publicité moins intrusive et spontanée. J’espère qu’en 2025, les 130 milliards de dollars de publicités dépensés sur le web permettront de générer une partie d’impact social. C’est déjà le cas par exemple avec les billets d’avions (UNITAID instauré par Philippe Douste-Blazy) ou encore les produits RED, alors pourquoi pas avec la publicité sur internet ?  

8 - À 18 ans tu as décidé de lâcher tes études pour lancer ta start’up. Deux ans plus tard du haut de tes 20 ans, quel est ton message aux jeunes de ta génération Y qui veulent se lancer dans la création de leur start’up à la place de continuer leurs études supérieures?

Nous sommes une équipe de 7 personnes aujourd’hui et travaillons régulièrement avec un deuxième cercle de prestataires. C’est une aventure formidable, en 2 ans d’entrepreneuriat j’ai appris énormément et vu beaucoup de sujets différents (marketing, démarchage commercial, communication, publicité, développement IT : site, appli mobile, widgets, partenariats ONG, recrutements). C’est une source d’apprentissage énorme et l’aventure malgré les hauts et les bas, en "vaut la chandelle »!  

9 - La France est-elle selon toi un pays qui permet un développent propice à la création de start’up ?

Oui, selon moi la France est un super pays pour entreprendre. Il y a énormément d’aides dès le début de l’aventure (subventions, prêts d’honneur) et un véritable écosystème pour être accompagné : pépinières, incubateurs (The Family, Le Camping, La Ruche...). Les concours d’entrepreneuriat comme 100 Jours Pour Entreprendre, Samsung Launching People

De plus, la carte vitale nous permet même d’avoir la garantie de rester en vie durant notre épisode entrepreneurial, chose difficile à retrouver par exemple aux US. La lourdeur administrative peut faire peur mais en étant bien organisé et appuyé par des bons professionnels, elle devient un souci mineur par rapport aux avantages apportés par notre pays.