#Guest36 Yacine AIT KACI, Artiste Transmedia & Créateur d'Elyx

J’ai toujours été plus intéressé par ce que nous avons en commun que par nos différences, l’inclusion plutôt que l’exclusion et évidemment la paix, l’éducation, l’environnement, tout ce qui a trait à ce que nous partageons, la même planète, des destins liés, notamment autour de la question climatique.

1- Yacine, tu es un artiste avec un grand A! Aujourd'hui ton art tu le mets au service de la philanthropie et de la solidarité. Explique-nous ton cheminement pour en arriver là? Quel fut le déclic de cette prise de conscience?

Chaque artiste est par définition en prise avec son temps et contribue à rendre visible ce qui est latent, il exprime ce que son environnement produit en le projetant dans l’imaginaire et le potentiel. J’ai toujours eu une démarche mue par le collectif et une certaine idée de l’universalité. J’appartiens à la première génération digitale, celle qui a connu l’avant et expérimenté de nouvelles voies, que ce soit dans l’édition numérique, la télévision, les installations interactives, les spectacles, les innovations (co-invention du Mapping Video en 2002-2003). À un moment donné, j’ai constaté que nous étions déjà passés à autre chose, une ère post-numérique dans lequel le curseur digital s’était déplacé de la machine à l’humain. J’ai ressorti mes crayons et j’ai créé une personnalité virtuelle, Elyx, qui joue avec le réel dans une sorte de réalité augmentée artisanale et poétique, en prise directe avec le public via les réseaux sociaux.

Le projet a démarré il y a quatre ans et peu à peu il a changé ma vie, mon rapport au monde et a commencé à exprimer tout son potentiel d’empathie et de langage universel. Depuis plus d’un an c’est devenu mon activité principale. Le déclic s’est fait en plusieurs étapes, une expérience en Indonésie en 2011 où j’ai partagé un moment de pur dialogue non verbal et totalement bienveillant avec une famille locale, un workshop en Colombie avec des étudiants en design et probablement plus que tout, la naissance de ma fille qui a bouleversé mon ordre de priorité et mon rapport à la responsabilité individuelle.

2 - Elyx, est le premier ambassadeur virtuel des Nations-Unies. Que représente véritablement Elyx pour toi? Explique-nous votre collaboration avec les Nations-Unies, vos messages universels en commun?

Pour être tout à fait exact, ce n’est pas le premier, avant lui il y a eu le Petit Prince de Saint Exupéry, qui est une référence absolue pour moi, mais c’est effectivement le premier du vivant de son créateur et surtout de l’ère digitale.

J’ai toujours été sensible à la notion d’universalité. Étant moi-même le fruit d’une union binationale de deux pays qui sortaient d’une guerre, j’ai toujours été identifié comme l’autre, celui d’en face. S’est bâtie en moi depuis ma tendre enfance cette notion de citoyen du monde, chère à Albert Camus. J’ai toujours été plus intéressé par ce que nous avons en commun que par nos différences, l’inclusion plutôt que l’exclusion et évidemment la paix, l’éducation, l’environnement, tout ce qui a trait à ce que nous partageons, la même planète, des destins liés, notamment autour de la question climatique.

3 - Quelle est votre actualité avec Elyx? Vos projets pour la COP21?

Elyx a une actualité très chargée et par conséquent, moi aussi. Le credo d’Elyx est de n’être beaucoup nulle part mais un peu partout!

Le 4 Juillet nous lançons une grande Elyx Party qui durera tout l’été sur les Berges de Seine en écho à la COP21. Le public se verra offrir un choix de dessins et fera ses propres photos dont une sélection sera exposée chaque mois.

Au cours de l’été Elyx débutera un voyage en 70 Jours pour célébrer les 70 ans des Nations Unies pour remettre son album de voyage au Secrétaire Général le 24 Octobre, jour Anniversaire !

A côté de ça, il y a aussi un livre qui va sortir en Octobre aux Editions du Chêne, et en avant-première chez Colette en Septembre, une boutique en ligne de produits issus du commerce équitable dont une ligne totalement Made in France.

Diverses collaborations sont en cours et la fin de l’année 2015 et l’année 2016 s’annoncent d’ores et déjà très riches !

En ce qui concerne la COP21, Elyx sera encore un petit peu partout, que ce soit avec les Nations Unies, l’eco-système positif, notamment Place To B mais aussi les Berges de Seine, Sorbonne Universités et nous parrainons également d’autres projets artistiques comme One Heart One Tree de l’artiste Naziha Mestaoui (#Guest12) avec qui nous avons collaboré pendant plus de 10 ans au sein d’Electronic Shadow et avec qui nous avions signé à l’époque l’ancêtre du projet One Man One Tree (présenté notamment lors de Rio+20)

4 - Qu'aimerais-tu voir comme décisions à l'issue de cette COP? Ta vision du monde de demain?

Je ne m’attends pas à des miracles mais la situation a changé depuis Copenhague. Paris ne peut pas être un échec, ce sera à minima un succès modéré mais le mouvement est lancé et il est inéluctable.

J’attends en revanche beaucoup de la mobilisation citoyenne qui, au delà de la pression sur les États, est véritablement en prise directe avec sa propre responsabilité. Les changements de comportement sont l’affaire de chacun et personne ne doit attendre d’un dirigeant une signature magique pour faire attention à la façon dont il consomme et tri ses déchets, sa façon de se déplacer, etc. C’est une conscience de plus en plus répandue, notamment dans les jeunes générations à qui les natifs du XXe siècle livrent certes un monde passionnant et ébouriffant de par ses avancées techniques et technologiques mais également en grand danger à l’échelle de notre temps de vie.

C’est donc une période passionnante que nous traversons, en équilibre permanent entre le pire et le meilleur. Ma vision, optimiste, est que nous avons absolument tout pour sortir par le haut et pour ça nous avons besoin de tout le monde, les critères de succès et de bonheur sont en train de basculer petit à petit d’une vision purement matérialiste à une vision plus spirituelle. C’est ce que je sens, c’est lent et c’est une course contre la montre 

5 - Une rencontre bouleversante?

Si je dois t’en citer qu’une, je te citerai alors celle avec Les Nations-Unies ! Lorsque j’ai été contacté par la directrice de l’UNRIC (UN Regional Information Center) à Bruxelles, c’est comme un rêve qui se réalisait. D’ailleurs j’avais déjà sur la table un dossier que je comptais envoyer à l’une des agences de l’ONU. J’ai présenté Elyx, son sourire bienveillant et sa capacité à s’adresser à tous au delà des mots. Notre collaboration dure maintenant depuis presque un an, nous avons couvert des dizaines de journées internationales et réalisé une version de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, en cours de traduction dans 8 langues différentes. Les comptes officiels de l’ONU sur les réseaux sociaux, Twitter, Instagram, Facebook, publient régulièrement mes images, faisant d’Elyx un visage familier qui transmet les valeurs humanistes originelles des Nations-Unies dont la charte commence par ces mots : Nous, les peuples.

6 - Un mot sur l'initiative de ce blog?

J’adore et je soutiens totalement ta démarche !

Le monde a besoin d’initiatives positives, basées sur le cœur. C’est un symbole que j’utilise moi-même énormément avec Elyx. C’est aussi le symbole de cette monnaie empathique immatérielle qu’on s’échange sur les réseaux sociaux. Nous accordons de plus en plus d’importance à ce qui ne se quantifie pas d’un point de vue financier et c’est un bon signe. Nous avons besoin de nous réunir sur des valeurs communes, ouvertes et positives ! Bravo Cyrielle !