#Guest11 - Olivier COURTIN, Directeur Général groupe CLARINS.

« Je suis un citoyen très engagé et sensible au climat et à notre environnement. Tout le groupe contribue via ses usines à la diminution d’émission de CO2 de 20% depuis 2011 sur la fabrication de nos cosmétiques, le transport, etc. »

1/ Aujourd’hui à la tête d’une multinationale dans l’univers des cosmétiques, vous avez commencé votre carrière en tant qu’orthopédiste puis chef de clinique à l’hôpital Foch. Pourquoi et à quel moment avez-vous intégré l’entreprise de votre père Jacques Courtin, son fondateur ?

Mon intégration dans l’entreprise de mon père s’est déroulée en deux temps. Mon père  à crée Clarins en 1954. Puis en 1990 alors que je travaillais à l’hôpital FOCH il m’a proposé de le rejoindre car il avait besoin d’un scientifique et d’un financier dans son groupe. Après mûre réflexion j’ai accepté de venir travailler dans un premier temps à condition d’y travailler en alternance. J’avais besoin de me tester moi-même car l’univers de l’entreprise m’était encore totalement inconnu, les couloirs de clinique m’étant plus familier.

J’ai alors travaillé à mi-temps pendant cinq années à la recherche chez Clarins tout en gardant mon poste à l’hôpital FOCH.

Puis en 1995 j’ai décidé d’intégrer de façon officielle et donc à temps plein le groupe et depuis 2000 je le dirige en qualité de directeur-général.

2/ D’où vient le nom Clarins?

Le nom Clarins vient du nom d’une pièce de théâtre que mon père avait écris avec d’autres étudiants lorsqu’il était lycéen. Son rôle était celui de Clarins, c’était celui qui avait pour mission de nourrir les lions dans l’arène au temps des gladiateurs et des romains. Il les  nourrissait tellement bien que lorsque l’on donnait ensuite les esclaves à manger, les lions étant repus, s’en détournaient et donc leur laissaient la vie sauve. Les romains, eux, n’ont pas vraiment apprécié le subterfuge de Clarins qui de facto les privait de leurs  festivités.

Ils ordonnèrent donc de donner Clarins aux lions, ce qui bien évidemment n’a pas marché… Clarins était assez malin pour rassasier les fauves avant !

Malgré le fait qu’il soit peu présent sur scène, mon père tenait le rôle principal et par la suite tous ses camarades l’ont appelé Clarins.

Puis lorsqu’on lui a demandé un nom de société il s’est dit que Clarins pouvait être un nom facile à retenir dans le langage courant, assez simple qui sonnait plutôt bien !

Voilà l’origine du nom de la société de notre père, car nous sommes deux frères, mon frère Christian est aujourd’hui le président du conseil de surveillance du groupe.

3/ Le monde connecté selon vous est-il une avancée pour l’humanité, quel constat en faites-vous et quelle est la stratégie digitale de votre marque pour surfer sur cette vague 2.0?

Bien évidemment, je considère le monde connecté comme une avancée pour l’humanité à condition de savoir la gérer et appliquer certaines règles. Pour Clarins c’est très important de surfer sur cette vague digitale et on l’utilise de plus en plus via dans toutes nos différentes formes de communications, dans notre CRM (Customer Relationship Management), également sur les points de vente où l’on renseigne de plus en plus nos consommateurs sur nos produits. On va donc digitaliser tous nos points de ventes et produits de façon à faciliter l’accès à toutes sortes d’informations plus rapidement et facilement pour nos consommateurs. Aujourd’hui nous avons environ 15 000 points de vente répartis dans 140 pays.

4/  Votre père a fondé et présidé l’ARP, l’Association de Recherche sur la Polyarthrite en 1989. En 2006 vous décidez d’amplifier le champ d’action en fondant la Fondation Arthritis où vous en êtes le président. Pourquoi être un acteur dans ce domaine et quelles actions menez vous dans celui-ci ?

Je tiens beaucoup à cette fondation car ma mère, Maria-Luisa décédée en 2006 était victime de cette maladie, comme 600 000 autres femmes en France. On a décidé d’aider la recherche dans le but de trouver des médicaments pour guérir de cette maladie très invalidante. Aujourd’hui il y a des médicaments pour aider à avoir des rémissions mais malheureusement pas encore pour des guérisons. Cette année par exemple on a donné 800 000 euros de dons à la recherche.

C’est uniquement une association pour la recherche, donc tous les fondateurs, notre famille via la holding familiale Clarins assure le fonctionnement de celle-ci. Si vous donné un euro, sachez que celui-ci ira directement à la recherche contre cette maladie qu’est la polyarthrite rhumatoïde  - http://www.fondation-arthritis.org/.

5/ Quel est votre point de vue sur le changement climatique, êtes-vous un citoyen engagé?

Notre groupe essaye d’œuvrer dans ce sens, c’est pour cela que notre nouveau siège nous avons un bâtiment esthétique à haute qualité environnementale (HQE) par exemple. Je suis un citoyen très engagé et sensible au climat et à notre environnement. Tout le groupe contribue via ses usines à la diminution d’émission de CO2 de 20% depuis 2011 sur la fabrication de nos cosmétiques, le transport, etc. Toutes les filiales ont un rôle important à jouer dans cette dynamique de respect de l’environnement. C’est pour cela que nous avons d’ailleurs mis en place un système de bonus avec les différents présidents des pays à savoir qu’on les récompense s’ils agissent pour le respect du développement durable pas uniquement sur les chiffres d’affaire ou les bénéfices. C’est important pour le groupe de mettre un point d’honneur sur le développement responsable.

6/ Une histoire/ rencontre qui vous marquera à vie?

Quand je venais de rentrer en chirurgie lorsque je faisais mon service militaire à l’hôpital de Percy le premier patient que j’ai eu c’était un jeune de 16 ans qui avait perdu ses deux jambes que je devais réopérer pour pourvoir appareiller. Il fallait alors que je lui explique que je devais le ré-ouvrir, lui recouper un bout de jambe pour pouvoir lui mettre des prothèses… Tout s’est bien passé mais ce fut une intervention intense et émouvante à la fois…