#Guest6 - Robert LAFONT, Fondateur du Groupe Entreprendre Robert LAFONT

Je trouve que la presse a un rôle très important à jouer pour aider les gens à aller mieux et à les motiver à faire des choses positives !

1/ Robert, vous êtes à la tête d’une maison d’édition qui publie 80 magazines.  Parmi vos 9 pôles éditoriaux, quel est celui qui vous touche le plus, et pourquoi?

Celui qui me touche le plus c’est Entreprendre dans le pôle économique car je considère que c’est l’un des plus beau mot de la langue française. Quand on entreprend on se créée soi-même, on se révèle à soi-même, on se met en danger, on rencontre, on avance, on construit, on souffre parfois, on résiste, on repart et donc c’est la vie quoi!

Entreprendre c’est mon premier magazine que j’ai lancé en 1984. A cette époque il n’y avait pas encore de presse sur les entrepreneurs, j’ai un peu inventé et créé cette presse et j’en suis fier, c’est mon premier bébé ! Aujourd’hui on essaye de faire des titres qui sont tous un peu dans l’action, toujours dans cette veine de pousser les gens à se prendre en main, à créer, à faire des choses, à aller mieux, à se diriger dans la bonne direction, être mieux dans sa vie, être en bonne santé, faire du sport… Ce qui rejoint un peu ce que vous faites d’ailleurs.

Je trouve que la presse a un rôle très important à jouer pour aider les gens à aller mieux et à les motiver à faire des choses positives ! Voilà pourquoi le mot « entreprendre » est un mot qui devrait résonner en chacun de nous au quotidien.

2/ L’émergence des réseaux sociaux dans votre univers ne semble pas vous avoir décontenancé car il semblerait que vous surfez à merveille sur cette vague avec plus 18 000 followers sur votre compte @_Entreprendre. D’autres nouveautés dans cette dynamique digitale ?

Je trouve les réseaux sociaux fabuleux parce qu’ils permettent de rencontrer des gens, de communiquer instantanément avec des tas de personnes… Vous en êtes un exemple, vous êtes une belle rencontre. Les réseaux sociaux permettent une ouverture que je trouve fantastique néanmoins comme tous progrès il faut faire attention à la manière dont on s’en sert. Ils peuvent être la meilleure et la pire des choses à la fois, on le voit bien aujourd’hui dans de multiples faits divers.

Aujourd’hui, bien sûr on surfe sur la vague nous aussi pour assurer notre promotion, démultiplier notre savoir-faire, on crée des communautés qui elles-mêmes peuvent se connecter entre elles, celles des entrepreneurs, des sportifs, d’artistes (Magazine des Arts), de philosophes (Questions Philisophie)…C’est selon moi un fantastique outils d’échange !

Nous venons d’arriver sur la toile avec notre compte Twitter @_Entreprendre qui est notre vitrine, et nous sommes très heureux de compter plus de18 000 followers en moins de 2 mois ! Par la suite nous allons bien évidemment décliner les autres titres et dans notre dynamique de développement nous venons de lancer (19 mars 2015) un nouveau site important qui reprend l’ensemble des thématiques du groupe, Info et Savoir : http://infoetsavoir.com/.

3/ Selon vous, le monde connecté est-il une avancée pour l'humanité et quel constat en fais-vous dans votre domaine?

Je trouve que le monde connecté aujourd’hui a quelque chose de fantastique car c’est l’information instantanée accessible à tous et dans lequel tout le monde peut propager de l’information aux 4 coins du globe en quelques secondes.

Avec les réseaux sociaux via Internet c’est aussi la fin des intermédiaires, d’où les remises en cause dans l’organisation générale des pays, des entreprises et même du système politique. On le verra plus clairement dans les années qui viennent.

Moi j’ai une théorie qui est asse simple. L’une des choses qui me pose problème c’est la question de l’anonymat.

Il peut-être un atout dans certaines circonstances comme par exemple dans les rencontres dans le fait que nous pouvons échanger et se confier parfois plus facilement. On peut se livrer peut-être plus facilement et rapidement à une personne en Amérique du sud que l’on ne connaît pas qu’à sa voisine de pallier qui peut se retourner contre nous si on lui dit des choses trop fortes.

Néanmoins il y a des limites à l’anonymat sur la toile. Il y a un travail à faire au niveau de la responsabilité des gens quand il y a atteinte à la vie privée et de facto des dommages moraux par exemple. Les personnes malveillantes à l’origine de rumeurs, de désinformation devraient pouvoir être identifiées plus facilement et condamnées à la hauteur de leur infraction en justice. C’est important de responsabiliser chaque citoyen.

4/ Comment aimeriez-vous voir le monde de demain en général, les améliorations à apporter selon vous?

Moi qui ai un peu plus d’expérience que vous, je trouve qu’il y a des choses qui sont géniales dans le monde actuel que l’on n’avait pas il y a 20 ans, on vient d’en parler, et des choses que l’on avait il y a 20 ou 30 ans et que l’on a peut-être moins aujourd’hui malheureusement. C’est un peu une synthèse des choses positives du passé mixées avec les choses positives d’aujourd’hui. Par exemple aujourd’hui comme pratiquement tout se passe sur Internet, il y a beaucoup moins d’interactions entre les gens dans le monde réel. On aborde plus de la même manière les gens dans la rue qu’il y a 20 ans. Les personnes peuvent être décontenancées si on fait une démarche trop appuyée par exemple dans la rue.

Il y a 30 ans, un jeune sans emploi avait plus de facilité à trouver un job dans une boite. Aujourd’hui, si on arrive dans une entreprise sans rendez-vous, sans l’intermédiaire de pôle-emploi, on ne vous reçoit pas.

Avant je trouve qu’il y avait plus de diversité. Aujourd’hui, les restaurants, les magasins sont les mêmes partout. Que l’on soit à Londres, à Paris ou à Auckland, on retrouve de plus en plus les mêmes chaines…

Je dirai qu’avant il y avait plus de diversité, c’était moins structuré, le monde était plus ouvert selon moi. Les échanges de par le monde se sont accrus de manière exponentielle  puisqu’il y a plus de gens qui voyagent.

Les échanges commerciaux, la distribution des produits, l’internationalisation…Tout ça fait que nous avons une uniformisation des modes de vies, des émissions de télévision. On va regarder de plus en plus les mêmes types de programmes, lire les mêmes types de journaux, écouter le même genre de musique, etc. Les gens se ressemblent de plus en plus, nous assistons à une uniformisation du monde.  Je trouve cela dommage, nous pouvons tous garder notre culture et personnalité et continuer pour autant tous ces échanges instantanés…

6/ Quel est votre degré d’intérêt et d’implication dans les questions sur le réchauffement climatique ?

Je vais être franc ave vous. On nous en parle depuis 15 ans, j’en suis conscient mais néanmoins on nous a tellement raconté de salade que je finis par ne plus trop savoir qui croire. Cependant je suis conscient du réchauffement que nous subissons, les images parlent d’elles-mêmes quand on voit la fonte des glaciers, les modifications des températures, les phénomènes au bord des côtes qui sont inquiétants, etc. Il y a inévitablement un vrai sujet à traiter. Maintenant je suis incapable de répondre sur ce qu’il faut faire.

Je ne suis pas plus effrayé que ça car je fais confiance au génie humain pour trouver des solutions en temps et en heure comme il a toujours su plus ou moins le faire. Cependant je crois qu’il faut anticiper et faire confiance aux scientifiques plus qu’aux politiques.

7/ Une histoire qui vous a bouleversé et pourquoi ?

Oui, j’en ai une, celle de Mohed Altrad que je connais depuis 1986 qui était un jeune chef d’entreprise d’origine syrienne qui parlait à peine le français. C’était un homme de chiffres que j’ai eu l’occasion de rencontrer en faisant un reportage sur lui. A l’époque il avait repris en dépôt de bilan une petite affaire d’échafaudage du côté de Montpellier vers Florensac.

Il ne payait pas de mine dans son petit bureau près des Champs-Elysées, il n’avait pas trop de charisme et 20 ans plus tard il fait plus d’un milliard de chiffres d’affaire dans l’échafaudage mondial et dans la bétonnière. C’est une belle réussite d’entreprenariat à laquelle le groupe a consacré plusieurs couvertures. Aujourd‘hui il est aussi président du club du Montpellier Hérault Rugby.

L’histoire de Mohed est une belle histoire d’entrepreneur parmi tant d’autres que j’ai pu publier depuis 30 ans dans Entreprendre. J’ai rencontré des milliers de self hand man, ce sont ces hommes entrepreneurs qui me fascinent car ils prennent le risque de transformer leur vie, leur destin et qui accessoirement transforment la vie des autres…

En Tunisie par exemple avec ce qu’il se passe actuellement je pense que la meilleure manière de les aider c’est d’entreprendre là-bas. Ca ne sert à rien de faire des discours. Quand Renault décide de faire une usine à Tanger au Maroc, l’entreprise fait plus pour le développement du pays que tous les discours politiques de tous les hommes politiques français depuis 20 ans sur le Maroc et sur le Maghreb.

 

8/ Un côté philanthrope se cache- t il chez Robert Lafont ?

Je pense que lorsque nous avons l’occasion d’aider quelqu’un qui passe chez vous qui est à terre, lui donner la main pour l’aider à se relever c’est bien et cela devrait être une normalité. Dans le groupe on emploie une personne qui a de gros problèmes de santé et on le fait travailler uniquement pour qu’ils puissent régler ses problèmes médicaux. Ca s’appelle un peu de solidarité, et je crois que tout le monde doit en faire preuve. Il ne s’agit pas de devenir des saints mais si chacun fait un petit effort, on change tout !

Tout le monde ne peut pas être un saint ou être courageux, en revanche on n’a pas le droit d’être lâche. Quelque chose qui ne coute pas grand chose peut sauver une vie, ça on n’a pas le droit de ne pas le faire.

 

9/ Un dernier mot au sujet de ce blog ?

Je crois que vous avez raison Cyrielle, c’est pour cela que je vous ai reçu d’ailleurs, de vouloir propager le positif parce que c’est ce que l’être humain a le plus besoin.

Des gens pour des raisons X ou Y ont pu pour des questions d’environnement familial, professionnel ou des raisons personnelles vivent dans le négatif et les gens qui ont la chance de pouvoir être relié au positif, c’est fondamental de pouvoir le transmettre aux autres. Donc bravo pour ce que vous faites !