#Guest3 - Thierry PETIT, Co-fondateur et Directeur Général de Showroom Privé

J’aimerais voir le monde plus ouvert, je trouve qu’on a une tendance en ce moment d’aller vers du patriotisme, aller vers la France en premier. Ce sont des thèmes qui me font peur, alors qu’en fait on appartient à un seul monde peut importe le pays dans lequel on est.

1/ Qu’est ce qui t’a donné l’idée et l’envie de fonder ta structure Showroom Privé en 2006 ?  Qu’est ce qui te plait dans ce domaine ?

J’ai toujours été entrepreneur, dès que je suis sorti de l’école en 1997, j’ai créé ma première  boite, Toobo.com qui était un comparateur de prix que j’ai vendu à Liberty Surf quand Europ@Web et Bernard Arnault étaient encore très actifs dans l’Internet en l’an 2000.

Puis toujours avec cette envie constante de vouloir entreprendre, après 2 années sabbatiques durant lequel j’ai fait un tour du monde entre 2004 et 2006, j’avais envie de recréer une boite en repartant de zéro sans forcément avoir des idées. C’est en allant voir des financiers de l’époque que j’ai rencontré mon futur et donc mon actuel associé, David Dayan, un destockeur de métier.

Pour être très honnête cela aurait pu être une association dans un tout autre projet, il s’avère que là chacun des associés avait une complémentarité, in fine ça sonnait un peu comme une évidence de se lancer dans ce secteur.

Je voulais réellement remonter un business, et du coup en rencontrant David nous avons opté pour se lancer dans ce secteur en gardant bien à l’esprit cette envie d’entreprendre de nouveau. Ce n’était pas une vocation, cependant je suis assez sensible au e-commerce et j’aime surtout décider de ma vie, je ne supporte pas que l’on me dise ce que je dois faire et donc tout naturellement j’ai été entrepreneur tout de suite très vite pour au moins faire ce que je veux. C’est aussi une forme de liberté que je ne renierai jamais.

2/ Quels sont les objectifs que Showroom veut mettre en place d’ici 3 ans sur le plan marketing digital pour répondre au mieux aux attentes des consommateurs?

Nos objectifs c’est tout d’abord de doubler de taille. Aujourd’hui notre chiffre d’affaire frôle le demi milliard, l’objectif c’est de faire un milliard d’ci 3 ans.

C’est assez ambitieux mais ça repose sur 3 grandes idées.

La première c’est d’être focalisé sur l’univers de la mode et de la femme.

La deuxième repose sur l’innovation, par exemple comme le nombre d’achat sur mobile est exponentiel, nous investissons de facto davantage sur ce segment là.

L’innovation c’est aussi le lancement du bitcoin il y a quelques mois. C’est une monnaie virtuelle collaborative qui s’inscrit un peu dans cette économie sociale/collaborative. L’idée étant d’avoir une monnaie qui peut être définie entre deux personnes sans passer par des institutions ou des banques. Plein de choses peuvent être créées grâce à ce système que je trouve intéressantes d’ailleurs. Pour le moment cela reste anecdotique mais cela montre notre capacité d’innovation.

Puis la troisième grande idée de développement c’est notre déploiement à l’international. Pour le moment nous sommes présents dans sept pays : Espagne, Italie, Portugal, Belgique, Pays-Bas et Angleterre. Nous allons d’ailleurs continuer notre expansion prochainement en Allemagne.

Notre ambition c’est de continuer d’accompagner nos marques à l’international et nos consommateurs car l’Europe reste tout de même un marché extrêmement important dans le e-commerce.

3/ Selon toi, le monde connecté est-il une avancée pour l’humanité et quel constat en fais-tu dans ton domaine, le e-commerce ?

Le monde connecté d’un point de vue général est plutôt positif pour l’humanité s’il arrive à être quand même régulé et contrôlé intelligemment.

Par exemple dans le domaine de la santé, un domaine qui n’a jamais vraiment été traité au regard de la masse de données qui existe, il y a le « Big Data » et grâce à ces précieuses données, aujourd’hui on s’aperçoit finalement que l’on peut faire améliorer des traitements, prédire des maladies, mieux comprendre le fonctionnement de notre corps et ainsi guérir ou soigner plus rapidement et effacement. C’est ça le côté positif que je relèverai.

A l’inverse, on peut imaginer aussi que l’on peut prédire un certain nombre de choses et les utiliser à mauvais escient.

Toute l’ambiguïté de l’innovation, du changement et de la nouveauté, c’est qu’effectivement il y a toujours des choses très positives et il en est de même pour des choses très négatives. Cela a d’ailleurs commencé avec le feu, au départ c’était pour se chauffer puis l’invention à dévier pour bruler et déclencher des incendies. Donc en effet, le monde connecté avec les nouvelles technologies se développe de plus en plus rapidement et donc il est nécessaire d’avoir un contrôle efficace de prévention pour pérenniser son utilisation pour le bien commun.

4/ Comment aimerais-tu voir le monde de demain en général ?

J’aimerais le voir plus ouvert, je trouve qu’on a une tendance en ce moment d’aller vers du patriotisme, aller vers la France en premier. Ce sont des thèmes qui me font peur, alors qu’en fait on appartient à un seul monde peut importe le pays dans lequel on est.

J’aimerais voir notre monde avec une vraie forme d’ouverture, le voir plus équilibré notamment en terme de valeurs et de richesse. Il y a encore beaucoup à faire…

5/ Entre 2004 et 2006 tu es parti 2 ans faire le tour du monde, qu’est ce qui t’anime dans ton envie de voyager ?

J’ai toujours eu l’envie de faire un tour du monde, j’ai eu la chance en vendant ma première boite de gagner un peu d’argent et du coup ça m’a donné la possibilité de le faire. C’était un rêve d’enfant de voyager, je voyage encore beaucoup.

Je pense probablement que si j’ai envie d’emmener cette boite à l’international c’est aussi parce que j’aime ça. C’était comme une évidence, il fallait que je le fasse et je l’aurai fait quoi qu’il arrive un jour dans ma vie. J’ai le gout du voyage, des découvertes, des rencontres, c’était juste complètement fabuleux pendant 2 ans...

5/ Une rencontre et un pays inoubliable lors de ton tour du monde?

C’est super compliqué de te répondre, car il y a des pays qui m’ont marqué par les paysages, d’autres par l’histoire, d’autres encore par les rencontres…

Pour les paysages je citerai le Tibet, l’Inde, la Bolivie, l’Australie qui sont des pays qui m’ont bluffé, par leur immensité, j’ai vu des trucs complètement irrationnels…

Ceux qui m’ont marqué par l’histoire par exemple il y a le Cambodge par son passé, les pays d’Amérique du sud avec leurs fortes cultures avec les Incas et autres… L’Inde aussi avec son melting-pot de religions juste improbable.

Puis j’ai été marqué par certaines rencontres notamment au Brésil, un pays qui transpire gentillesse et richesse. En Australie et Nouvelle-Zélande aussi… En Birmanie les gens aussi sont très ouverts et accueillant.

Je n’ai pas forcément retenu un truc plus qu’un autre, tout était vraiment dingue !

6/ Envie de repartir, une destination ?  

Dernièrement je suis parti en Afrique du Sud et la prochaine destination sera probablement de nouveau le Brésil, j’y vais très régulièrement. J’y ai vécu, j’adore la culture, je parle portugais et j’ai des amis là-bas, c’est un pays très riche culturellement et comme ça fait un petit moment que je n’y suis pas allé, ça me titille !

Une dernière chose à ajouter ?

Je te souhaite bonne chance pour ton blog, je trouve ça extrêmement cool de mettre en avant ce que le monde a de meilleur !